samedi 24 février 2018

"Y", et sa main tendue dans la nuit.

J'ai longtemps essayé de trouver l'expression adéquate, celle qui dit "déchirée comme un drap de pauvre".
Avant, quand T. était encore vivant, on disait "papyrus". Une longue histoire, qui vient d'un code crié dans la nuit. A sa mort, quand les mots ont fui, l'expression s'est diluée dans les verres avalés à la va-vite, dans des soirées tricotées d'oubli et de malaise. Il a fallu apprendre à s'aimer sans lui, alors il a fallu un nouveau vocabulaire. "Y" a rejoint notre lexique depuis peu.
Tout comme "Mon clan, ma bande". Quand T. était encore là, on disait "la famille". Puis quand on s'est retrouvé tous les quatre... Il a déjà fallu se tenir la main très fort, parce que ce n'était pas évident de gérer nos douleurs, et puis. Je disais juste "les mecs", les yeux bercés de mon amour. Alors que ce n'est pas ça. C'est mon clan, ma bande. Ma seule certitude.

Je leur ai expliqué il y a quelques jours, avec pédagogie pour P., en anglais pour B. et avec souvenirs pour T. On roulait en revenant du médecin, j'étais fatiguée et j'avais envie de mordre, de cramer des bagnoles, éventrer des chiens et organiser des tournantes.
Alors ils me faisaient parler de trucs, de bidules, de machins, de choses. J'avais envie de les griffer, de leur crier d'aller bouffer leurs morts. J'ai fini par leur raconter "Y Vie", les apéros qui se referment sur nous comme des pièges, les soirées qui se déclinent en nuits. Puis l'état de dimanche dernier.
Il y a le grognement primaire sous la couette, trop tôt pour avoir décuvé, trop tard pour changer quelque chose.
"La tête encore pétée d'hier".
Il y a le frisson, la crampe, les lèvres serrées et ce vaste "pourquoi j'ai fait ça ?" qui court contre les bras crispés.
Celle qui a un verre de trop à une chance folle, j'en ai toujours sept ou huit.
Et celui qui a dit "bois de l'eau avant de te coucher" n'a certainement jamais bu que du cidre dans sa vie.

Ils ont applaudi des deux mains l'explication, et on a ri des soirées en Y, mutant en thildes et en cédilles sous des lettres inconnues.
On a chanté dans la voiture et essayé de voir ce que ça voulait dire Y pour un corps. Pour le moment, c'est buste raide et membres mélangés. La voiture quittait un peu sa trajectoire, je riais avec un nœud de peur sous les côtes, le cou tendu au ciel.
Je les ai aimé follement quand la voiture glissait d'une bande blanche à l'autre, la musique qui bourdonnait contre mes genoux, la nuque caressée de leurs rires rauques.

"Y", c'est les copains de P. insensés dans la rue, la table partagée au pub, les cigarettes que j'oublie dans la nuit, mes lentilles collées à la rétine, le canapé de chez T. encombré de corps chauds, B. qui confond les gens, les, et, HAN ET QUAND ON A, parfois.
Le lendemain, c'est heavy. On s'envoie des textos, on répond par bruits de gorge et pupilles noyées, on s'encourage. On rit beaucoup.

"Papyrus", c'est T. qui fumait en silence sur le balcon, sa douceur sans limite. Nos soirées dans les rues pavées de Rennes, les bars vibrants, les retours en vélo.
Je suis parfois désolée pour les gens à qui je parle de lui. Parce qu'ils ne l'ont pas connu.
On dit toujours des gens morts qu'ils étaient merveilleux. Mais là, juré, il était... C'était T., merde ! C'est insensé qu'un tel être ai pu exister.

C'est insensé qu'un tel être n'existe plus.

Quand on s'est rencontré, j'avais 17 ans, trois amis morts l'été d'avant, une rage contre mon père, un chagrin et une colère trop grands pour mes mots, mes veines et mes battements.
A cette époque, j'étais un peu amoureuse d'un garçon plus vieux que moi, moins que, et puis, plus, plus, et aussi un peu moins ça. Maintenant, je sais que ce n'était pas de l'amour. J'étais trop intimidée par lui pour m'approcher de la tendresse. C'était malsain. Il avait aimé mes mots avant moi, il n'aimait que l'idée qu'il se faisait de moi, et. Ce n'était pas. Voilà, ce n'était pas.
Après que notre relation se soit terminée, dans la traîtrise, les couches pour lui et la littérature pour moi, j'ai gardé T., un vague ami commun qui deviendra... Qui deviendra.
Vous sentez, combien je l'aime ? Dites-moi que oui. Je l'aime d'un amour sans fin, je ne suis plus amoureuse de lui et, mais je. Je. C'est T.
Là, j'ai envie de le pleurer. Je ferme les yeux et lui envoie un message, ok ?
"J'ai eu une image de toi, ça va".

Je crois que c'était cette nuit, cette image. Je ne sais pas, je l'ai vu en clignant des yeux sous le bleu du matin.
J'ai vu sa silhouette dans le soleil, sur la plage. Il observait les vagues. J'étais allongée sur le sable, il était à contre-jour. Il s'est penché vers moi, a dit un truc. J'ai juste vu ses lèvres bouger. Je n'entendais que le bruit de la mer, étrangement fort. Je regardais les rides qui berçaient ses yeux, son sourire en coin. J'ai déjà eu cette image, le premier hiver.
Je crois que c'était l'été après la mort de L., S. et D. C'est fou ça, mes morts sont des estivants. Même mon grand-père est mort un été.
T. et moi, on ne se connaissait pas encore vraiment. On était avec des amis sur une île bretonne, perdue au large. Il y avait déjà B., P. et T. Nous n'étions pas encore tous les cinq, nous étions des heures autonomes.
On avait marché longtemps à marée basse pour rejoindre la maison. On portait plein de choses, je me souviens que j'avais un sac immense et mes chaussures à la main.
(Je viens de sentir l'odeur de son cou, sous son oreille droite. Il porte ce tee-shirt bleu un peu vieux, mes mains sentent le tissu élimé)
On ne se parlait pas encore beaucoup. D'ailleurs, je ne crois pas que notre relation soit basée sur les mots, surtout depuis sa mort. C'était le garçon qui me regardait de loin, fumait beaucoup et ne disait pas grand chose.

Tout a commencé quand on a partagé cette chambre.
La nuit.
Mes yeux clos.
Mes jambes et le drap emmêlé.
Les lits qui grincent.
Et sa voix : "Donne ta main"
Mes cils qui s'entrouvrent.
"Mathilde".
Je me retourne vers lui.
"Donne-moi la main"
J'inspire. J'expire.
"T'es en train de pleurer".
Ma main qui glisse dans la pénombre.
La sienne tendue entre les deux lits.
Sa paume chaude.
Je serre les yeux.
Il serre mes doigts.

C'est ça, notre amour.
Sa main tendue dans la nuit. Encore maintenant.

Je crois que lui dans le soleil, c'est cet été-là.
Parfois, je me laisse croire que c'est un message.
Pour tout avouer, je ne sais pas si il a vraiment existé cet instant.
Sa façon de se retourner vers moi, et ce soleil, ça me...



Après cet été, il y a eu une vie. C'était beau. Très beau. Des baisers, des rages, des voyages, des soirées, des rires, des yeux baissés, des souffles aux petites heures et sa main toujours tendue vers moi, toujours.
Un jour, il m'a dit "je t'aime".
J'ai ri.
Tapé le digicode de mon immeuble.
Puis j'ai pleuré.
Il était derrière la porte d'entrée, et moi j'étais là, dans le couloir, en larmes.
C'était le premier à me dire ce truc trop grand pour moi.

Nous n'étions plus seulement T., B., P., T. et moi. Nous étions tous les cinq. Nous étions les heures de la nuit, les choix insensés, l'amour inconditionnel et l'estime éternelle. Nous étions.



Après quelques étés, il y a eu ma mort. C'était monstrueux.
Vraiment.
Encore maintenant, je n'arrive pas à m'expliquer comment une maladie peut créer ça. Peut créer ce... Comment un cerveau peut saboter des cellules et... Mon Dieu, c'était monstrueux !

Un matin d'automne, je suis sortie.
Il était à peine dix heures.
J'ai acheté une rallonge électrique à Super U.
Juste ça.



Juste ça.



Il faisait gris, la cour de chez moi était mouillée.
Et j'étais là.

La rallonge à la main.

J'ai regardé le mur.

J'ai déverrouillé la porte.

J'allais passer le câble au-dessus.



J'allais me pendre.



J'allais me pendre.



Peut-être que c'est sa main tendue dans la nuit, gravée en moi, qui m'a fait faire demi-tour.
J'ai pris le téléphone.
Je l'ai appelé.
Il a décroché.

"Il faut que tu viennes me chercher, s'il te plaît.               Vite".



Est-ce qu'il y a un alignement des planètes qui fait que votre vie est sauvée ?
Vous vous rendez compte ?
J'allais me pendre.
J'ai pris mon téléphone.
Et sa main tendue dans la nuit.

Après, il y a eu la médecine, mon corps drogué affalé contre eux quand on allait boire des coups, mes pupilles dilatées, mon cerveau qui se répare.
Longtemps, c'était mon secret. Ils ont juste su que je n'allais pas bien.
Puis une nuit, on parlait dans le canapé. C'était presque un an après le poids de cette rallonge au bout de mon bras.
T. a posé brièvement sa main sur mon genou plié.
Je la regarde. Sa chaleur à travers mon pyjama. Je lève les yeux vers eux. Ils m'observent en souriant.
Et je leur raconte.



Je pourrais écrire T. jusqu'à ce qu'il revienne. La famille.
Je pourrais écrire B., P. et T. jusqu'à ce qu'on soit immortels. Mon clan, ma bande.
Je pourrais écrire nos soirées Papyrus jusqu'à ce que T. reprenne sa place dans la voiture, toujours au milieu, vaguement bougon.
Je pourrais écrire nos soirées en Y jusqu'à ce que vie s'en suive.




Sa main tendue dans la nuit. Encore maintenant.



Sa main tendue dans la nuit.                                  Toujours.

jeudi 22 février 2018

Protocole pour les jours lumineux

Je bois un café géant dans le bar où travaille A., il n'y a pas grand monde alors j'ai pu imposer ma musique (Casseurs Flowters, BIM!).

Il est 11h27, j'ai bu déjà quatre expressos, deux mugs de café et un bol de thé.
Il est 11h27, j'ai chanté fort au parc avec les copains, un plaid dans mon sac pour faire la sieste au soleil. On était en terrasse, nuages de cigarettes et mines du jeudi. On a parlé de mecs, de meufs, de BB crème, de friperies et de baskets sales.

Je rentrais du boulot, ils sortaient du lit.
Ils sont partis travailler, je suis partie écrire.
Fist bump devant la volière.

J'ai écrit sur beaucoup de billets le chagrin, la terreur.
Mais il y a un scintillement merveilleux, une douceur folle et euphorique. C'est peut-être ça la mélancolie, chérir la frontière entre nostalgie indicible et théâtre du quotidien.
La paillette est là.
Les apaisements de ton souffle, la certitude sous le ciel bleu.
L'empreinte que tu laisses même quand tu es persuadé de glisser sur les heures.

Alors en vrac, comme la promesse d'un lendemain, pas forcément heureux, juste d'un lendemain, je te souhaite une noyade dans les jolies choses.
Des heures peu raisonnables de veille, à écouter de la musique.
Des tasses de café avalées en vitesse devant le radiateur.
Des siestes en funambule, un livre glissant de tes mains.
De la paresse au soleil, des mains qui se tendent vers toi dans les escaliers.
Des CD découverts chez le disquaire, des sourires doux dans le métro, des mots d'enfants, des chiens joyeux, des sourires en coin des mecs, des danses endiablées cheveux-cheveux-hanches-cheveux dans le Super U, des grimaces en voiture à des conducteurs impatients, des, des, et puis aussi, et.

Il est 11h45, j'ai les clefs de l'appartement de A., je file faire un expresso-sieste-expresso, un livre coincé dans la main droite, cachée sous le plaid. Le chien ronflera contre mon cou, il y aura le soleil déposé sur le canapé, pile à mes pieds.

mardi 20 février 2018

Après T.

Je me suis rappelée les quelques heures après sa mort.

Je me suis souvenue du corps qui s'effondre, la musique qui continue, les copains qui hurlent, les sirènes, les gyrophares, les bras du pompier qui se referment sur moi, hystérique, les jambes battant l'air, un hurlement écorchant ma gorge.
Je me suis souvenue de la douleur insensée, du corps transi sur le canapé, l'appartement vide, ma peau étouffée, mes pieds crispés dans mes baskets, le ventre tordu, les mains tremblantes, le bourdonnement dans les oreilles, le cœur au bord des lèvres, les reins tétanisés, les mots exilés.

Ce sont les dernières phrases de "Notes pour plus tard" d'OrelSan qui m'ont fait penser à ces jours.

Je me suis souvenue de cette médecine de guerre.
Caresser les cheveux de B. dans le canapé. Il se promenait entre un gouffre de colère et une mer déchaînée de chagrin.
Prendre la main de P. à un concert, quand on a vu la foule pour la première fois depuis l'horreur.
Aller chercher T., en pyjama dans un taxi, parce qu'il était ivre mort dans un bar.
On s'est sauvé la vie.

Je me suis souvenue de cette médecine de guerre.
B., qui s'assoit à côté de moi sur le bord du trottoir, embrasse mon front et me murmure qu'il est désolé, tellement désolé pour nous.
P., qui débarque chez moi avec du bourbon et des cigarettes, en escaladant le mur de la voisine.
T., qui me souffle des mots dingues au-dessus des pintes qui s'étalent sur la table du pub.
On s'est sauvé la vie.

C'est avec eux que j'ai appris à apprivoiser les chagrins des mecs.
C'est avec moi qu'ils ont appris les pleurs des veuves qui n'en sont pas vraiment.

Parfois, je repense à lui.
Ses fossettes, la drague folle, nos heures de route dans le camion pour aller voir les copains faire danser une foule battante, les matins brumeux à surfer, boire du café et frissonner dans le sable froid, nos baisers accidentels mais pas vraiment, nos baisers décidés et emportés, son appartement encombré de CD et de soirées enfumées, ses silences en pointillé, ses rires en tsunami.

Parfois, je repense à lui.
Alors je ferme les yeux et lui envoie un message.
"Tu sais, tu as été le meilleur non amoureux de toute ma vie, ça va".
"Je ne te pleure plus, ça va"
"Je ne suis plus amoureuse de toi, ça va"
"Je ne sais plus comment ton visage s'animait, ça va"
"Tu sais, ça va"
"Tu sais, ça va"
"Tu sais, ça va"
...

Je m'en voulais tellement de ne pas croire en Dieu, en la réincarnation, les fantômes et en la vie après la mort.
Je m'en voulais tellement. Je me souviens avoir murmuré après son enterrement "Viens me hanter, par pitié", les dents serrées, en colère contre l'Univers entier.

Il y a eu la première soirée après sa mort, le premier mec après sa mort, le premier été après sa mort, la première année après sa mort.
Il y a eu un après sa mort.

Il y a un après la mort.

Et c'est beau.

Il reste mon clan, ma bande (avé l'accent du Sud de VSO).
B., son inquiétude permanente pour ma petite personne, ses éternels rires à mes (mauvaises) blagues et sa patience éternelle.
P., mon partenaire de gags, ses confessions mignonnes et sa présence fidèle.
T., nos danses endiablées dans le Super U à côté de la maison, ses copines cinglées et ses cigarettes jamais bien écrasées.
Il reste mon clan, ma bande.

A l'heure où je doute et tremble un peu devant l'épreuve, à l'heure où j'attends beaucoup et espère trop, à l'heure où la peur porte une blouse blanche, ils sont là.
Mon clan, ma bande.

Hier, je les ai trouvé à la sortie de chez le médecin, appuyés contre la voiture. Ils fumaient et s'engueulaient à propos de la First League. "J'ai une putain de chance", c'est ce que mon sourire en coin brodait.
On a roulé sur la rocade en braillant Kendrick Lamar, fenêtres ouvertes, le vent secouant nos trouilles.

"Tu sais, ça va".

vendredi 16 février 2018

Sache.

Tu vas souffrir.
C'est inévitable, ce sera l'ombre sur la paix des jours tranquilles ou l'obsession sous un front torturé.
Tu comprendras plus tard, pourquoi ces mains crispées, ce souffle troué.
Sur le coup, ce sera trop grand pour toi.
Maintenant, tu le sais.

Tu vas perdre des amours.
C'est inévitable, ce sera une traîtrise, une douleur sans nom.
Tu garderas au creux du ventre le souvenir de l'annonce, les jours suivants entre marbre et trépignements.
Sur le coup, tu penseras mourir.
Maintenant, tu le sais.

Mais.
Sache que ça se dilue.
Comme de l'encre dans un torrent d'eau, ça s'emporte.
Ne crains pas la douleur, approche ta main de sa gueule grimaçante.


jeudi 15 février 2018

Eau gazeuse et nuque à vif.

Comme un peine logée dans la nuque.
Les cheveux qui chatouillent des lèvres songeuses, la pluie douce dans le soir égoïste.
Il faudrait un souffle, celui qui chasse une poussière.
Des bulles sautillantes, pour éteindre une gorge serrée.
Des doigts concernés sur l'épaule nue, muscles emmêlés de jeudi.

Comme une peine logée dans la nuque.
La respiration au galop, les cils maquillés de sommeil.
Il faudrait le mot, celui qui explose le mur.
Des sautillements, pour étreindre un corps traître.
Une caresse sur une joue écorchée, chuchotements à l'oreille.

mercredi 14 février 2018

Cheveux.

C'est devenu une obsession, un traumatisme, une angoisse recluse dans la gorge, entre les doigts.
Je perds mes cheveux.
Par petites mèches, souvenirs de jours entiers. Mes mains terrorisées, perdues dans les boucles. Sous la douche l'étonnement, la première fois. Cette ondulation, qui se détache, longe mes épaules, s'entortille autour de ma cuisse, se perd sur l'émail. Cette peur viscérale.

On m'a dit "mets du froid", on m'a dit "masse bien ton crâne".
Je mets du froid, masse bien mon crâne.

Et regarde avec effroi, les quelques fils bruns abandonnés sur le canapé.

lundi 12 février 2018

Je te promets

Je te promets de ne rien promettre.
Ni jours chantants, ni vagues étourdissantes, ni tendresse soupirée.
Rien.
Je serai juste la main fraîche sur ton front chaud, le souffle sur les tourments.
Et ce sera déjà bien trop.

Je suis les yeux qui se baissent sur tes mots gênés, le rire dans le silence de minuit.
Je suis la fuite devant les yeux qui harponnent, corrida.
Je suis le flottement à travers tes cils abattus.

vendredi 9 février 2018

L'heure des combats

La colère, la violence, celle au creux du ventre
Le froid mordant à nos pieds
Jours sans ni pour
Jours sourds
Piétinés.