mercredi 11 décembre 2019

Cette nuit

Cette nuit, j'ai terminé d'écrire mon premier roman.



La suite se dessine déjà, la relecture et les corrections amorcées le matin venu.
Trois mois, c'est colossal.
Trois mois d'eux et de mes mots, trois mois.
Je suis émue, perdue, n'arrive pas à concevoir que dans quelques jours, ce sera bel et bien fini. Vraiment vraiment fini.



Cette nuit, j'ai terminé d'écrire mon premier roman.
J'en garde le titre, et l'intensité.

mardi 26 novembre 2019

Mardi

Je suis partie, 113 pages et un tatouage, la semaine dernière et novembre en assaillant.
Ce soir, 149 pages et trois tatouages, un mardi épuisant et novembre en exigeant.

J'ai peur de deux ou trois choses que je cache sous une colère mutique.
Je me vois en écrivain raté, meuf aigrie par 'échec.
Alors je me concentre sur la douleur de la cheville toujours enflammée, trois ans merde !, les traits frais sur les bras, le document ouvert.
Je l'ai appelé Le grand jet-pro, TMTC mamène, ne révélerai le titre que si...

Couper, là.
Les écouteurs et des étoiles qui vagabondent, sourire parce que j'écris aussi un peu ça, l'Univers et son intransigeance.
Couper, là.
Juste là.

lundi 11 novembre 2019

Lundi 11 novembre, 23 heures 25

Il faut que je le souffle, que je glisse les mots dans ma bouche.
J'écris un roman.
Quand je le dis, c'est lunaire et magie noire, lunaire et terrifiant, lunaire car évident.
Quand je le dis, je laisse reposer les mots et la certitude que si ça ne marche pas comme je le voudrais, j'en mourrais.
Alors je ne le dis pas, pas trop.
Je me laisse avoir peur, et puis travailler.
Beaucoup travailler.
Selon moi, jamais assez.
Je suis tellement dure avec moi que je pense parfois à mettre mon index sur Suppr et m'endormir.
Essayer de convenir à la vie que je trouve toujours étriquée, aux échanges que je n'arrive pas à mener.

J'écris un roman et je tatoue ma peau, comme ça.
En secret des copains, en leur regard surpris le soir glorieux.
C'est qu'à moi, rien qu'à moi, et c'est beau de m'évider de l'espèce de sacralisation dont on m'avait bernée.
Il a traîné avec des gens peu recommandables, mon corps, il a été mal aimé et aïe baisé.
Je l'ai détesté avec application et le pulvérise encore bien trop.
Alors maintenant, j'en fais ce que je veux.
J'y glisse des verres à limonade si je veux.
Je lui mets un bonnet jaune moutarde à mon corps et même des baskets cool.
Je le promène et l'abrutis de rap, très fort dans les écouteurs, plus fort encore au cœur.

On se rejoint sous les aiguilles, mon corps.


(113 pages.
Putain de merde...
113 pages.
Putain.
J'écris un roman...)

samedi 9 novembre 2019

Extrait, page 69 sur 112


C'était un sortilège, un pacte avec l'horreur.
Une accalmie, le pouce en l'air des enfants suppliciés, l'occasion de créer la magie viscérale en ma mère pour se cacher de l’inéluctable, se diluer avant l'indicible.
Un instant alors, d'accord ?
Un instant...
Juste un.
Pas de décompte, pas encore. On énumérera les pertes plus tard, qu'on nous laisse la simplicité des nombres premiers, alors doucement, doucement et un instant, juste un.
Un.

vendredi 1 novembre 2019

Page 3 sur 100 - Prologue


Je suis la somme des pays perdus, des rivages quittés et des heures ravagées.
Je suis la somme des hommes disparus, des paix oubliées et des terreurs dessinées.
Je suis la somme des nuits oblongues, des nuques caressées et des mots ravalés, consciencieusement digérés.



C'est l'exil des corps, l'abandon des terres, les odyssées dont on aimerait bien se passer.
Ce sont les nébuleuses, la pénombre et l'ivresse de mains sur des mains caressant des pleins et des déliés.
C'est la rive inatteignable.
Et la nuit oblongue.

C'est la lumière qui grésille malgré tout, corps étranger contre une paupière bétonnée.
C'est le sabotage en règle de toutes les lois établies.
C'est la chirurgie des années, sublimées.
Et la nuit, oblongue.

Refuge à portée d'heures, elle reste là, maternelle et meurtrière.
La promesse d'une fin lumineuse, sacrifice salvateur au temps qui s'égare dans les ombres.
La douceur d'un ailleurs en son sein, maternel et meurtrier.

vendredi 18 octobre 2019

86 pages

J'ai perdu le sommeil et du poids, gagné du café et des inquiétudes.

J'écris sur l'exil, regarde des cartes de la Grèce et me rappelle de mythes.
J'écris sur l'univers et les étoiles, guette le ciel même quand je ne le cherche plus.
J'écoute du rap et du rap et du rap, j'essaie de trouver mes mots et pas ceux d'hommes qui disent ce que je ne m'avoue jamais.
J'ai dansé, parce que le corps.
Quand les mots me manquent, tête à l'envers et sang inversé.



Il est 12h41, 42 le temps que je respire et m'accroche à D'où sors-tu ta douceur tue, j'écrivais "D'où sors-tu ta douceur tue ?", Il était 12h10, j'étais de sortie.



Et parce que la marche, préparer le manteau lourd à droite d'un carnet et filer.



mardi 8 octobre 2019

78 pages

J'écris un roman.
J'écris. Un. Roman.

78 pages, ce n'est rien.
78 pages, c'est tout.
Je suis mon pire piège, à banger en écoutant très fort du rap très lourd, alors que je pourrais délier mes doigts et raconter.

Allez.
J'écris un roman.
J'écris un putain de roman !