lundi 9 juillet 2018

Lundimanche



Il y a les jambes offertes au jour, l'expresso pas pressé de refroidir et le ventre qui tiédit une glace avalée en enfant ravi.
Il y a sur le perron de mon immeuble la bassine pour les chiens assoiffés, le petit mot laissé aux brigands sans cœur qui s'aviseraient de la voler et le petit linge qui sèche au vent léger.
Il y a demain comme une campagne militaire, l'apéro dans le panier et les corps tendus devant l'écran géant.

Jour de rien clandestin, lundi ressenti dimanche.
Dorloter les plantes et bouquiner, sieste et paresse, jour trop court d'heures si longues.

lundi 2 juillet 2018

Aouh tcha tcha



Il y a le bâillement sauvage, ce refrain que je susurre sans fin et cette nostalgie des heures en nue lascive et canicule.
Lire encore un peu, avant un truc de boulot, maturité et responsabilité.

Cheveux emmêlés de chahut du dimanche, verres au pluriel et danses ondulantes dans la cour, voix masculines troublant l'air lourd et musique tout feu tout flamme.

dimanche 1 juillet 2018

Premier jour de juillet


(Avant et après une sieste dans la pénombre)



Kilomètres de peau offerts au dimanche.
Sur la corde à linge, une robe et quelques sous-vêtements, un mouchoir en tissu. Coton et dentelles, vent sage et coquetteries.

Un livre dans les mains depuis le réveil, un peu de jardinage en pyjama et bras déjà chauds.
Un peu de lecture à l'ombre, dans cette allée du parc où des écureuils passent tôt le matin. Rhododendrons et cuisses nues, sac qui n'en est pas un.

L'infusion de menthe à laisser refroidir et combler de glaçons.
M'installer dans la cour, avec ces pages et regarder les heures douces.



Premier jour de juillet.
Un juillet sans T., ça donne un mot moche mais je n'ai pas le choix.
Alors je laisse l'orthographe, donne un nouveau sens à la lettre de l'abandonnée.
Juille-Tout est bien.

vendredi 29 juin 2018

Juillet


(J'ai beaucoup repensé à la plage de mon rêve récurrent, sa silhouette et la lumière)



Alors oui, j'ai un peu peur.
De l'oubli et de l'été, de lui en dégradé, de sa vie bouleversée et de sa mort comme une atrophie de juillet.
J'ai un peu peur alors, oui.
Garder que sa mort importe mais que sa vie encore plus.
Je suis l'héritage de tout ça, je me suis construite avec et sans lui.
J'ai un peu peur.
Mais il est là.
Il me l'a seriné des dizaines de fois, au creux de l'oreille.
Il m'a dit.
Des mots doux dans des effluves de bières, des cafés brûlants.
Des cochonneries, moi rougissante et palpitante et bouillante et miaulante.
Il m'a assemblée.
Des années et des années de moi.
Il m'a aimée.
Peau frissonnante sous la caresse.
Baiser sur la nuque.
Draps froissés, supplication.
Il a été.
Mon quotidien et mon rassurant, les nuits trop petites et les jours émouvants.
Il est.
Ma main droite que je plaque contre cette échoppe fermée, mon recueillement ému chaque soir.


Je suis là.
Je me dis.
Je m'assemble.
Je suis aimée.
Je suis.

Main droite en relique, création de sillons sur d'autres peaux.

Juillet à dessiner.
Août.
Septembre.
Octobre.
Nov...

dimanche 17 juin 2018

Peau de dimanche


(Les dimanches en quelques mots.
Je n'ai plus tellement le spleen le dimanche soir, ça s'est détricoté de mon ventre avec la fin de la scolarité)


Hier, cette petite sieste clandestine dans l'herbe.
J'avais deux heures à tuer dans ma journée de travail, glissé un fouta dans mon sac en prévoyant un instant beau et glissé mes pieds nus sur cette pelouse au ciel gris et lumière chaude.
J'ai dormi là, une demi-heure.
Abandonnée sur le flanc, veste en oreiller et mains glissées sous ma tête.
Joue droite qui pétille du rougissement printanier.
Au réveil, envie d'être enlevée à ce jour, pour toujours dans ce pré ordonné.



Dimanche.
Mon émission préférée de France Inter est terminée. 
Cuisses nues dans le frais, yeux qui notent par la fenêtre les travaux jardiniers du jour.
Surveiller l'avancée de mon bosquet de fleurs sauvages, noter la croissance des succulentes, préparer les boutures, traiter les blessés.
Cuisses nues dans le frais, yeux qui notent sur la droite du bureau la théière encore pleine.
Verser dans la tasse le doux American Breakfast, avoir envie d'agrumes, tester la solidité de ma nouvelle chaise chinée dans une boutique de récup', réfléchir au dessin du jour.

Parce que oui.
Je me suis mise à écrire des traits.
Il paraît que ce n'est pas mal. Les mots doux que certains m'ont glissé sur Instagram m'ont fait chauffer les joues d'un tout autre soleil (si vous voulez voir du rien, des plantes et des bidules, c'est ici)
Je sens surtout toutes les possibilités qui s'offrent à moi, les choses à apprendre, les envies qui prennent aux mains.
Je veux broder du papier, fabriquer des tampons, dessiner une toute petite BD, travailler de nouveau le lettrage.
Et c'est génial format familial d'avoir envie de faire des choses.
Je suis persuadée qu'apprendre, essayer, et surtout fabriquer, c'est le terreau idéal pour se sentir exister.
Créer quelque chose.
Mettre du sien dans ses mots, ses mains et des traits.



Dimanche.
Publier ce billet et rester assise à ce bureau.
Papier blanc à croquis, stylos noirs. Peut-être prendre mon 0.05, mon préféré.
Faire un animal, ou une frimousse endormie.
Je ne sais pas encore.
Dimanche.



Dimanche.
Thé et stylo noirs.
Un film à regarder, mélancolique et lumineux (Somewhere, de Sofia Coppola)

lundi 11 juin 2018

Odeurs d'huiles essentielles, du lundi en pluie majeure


(Relire quelques mots de lui et le clip qui se dessine sous mes paupières. Jacques Audiard...)



Dimanche.
Minuit et quelques.
Allongée sur le futon, jambes nues offertes au lendemain.
Bashung en tête et un peu trop d'alcool dans le sang.
Un verre de thé glacé, avalé en animal primaire à même la théière, presque nue devant le frigo.
Dimanche.
Bercée de mots d'amour dont je ne connais pas la musique, mots que j'écris un peu floue d'un vin frais en me promettant de vous les livrer sans les remanier.
Dimanche.
Minuit et quelques.
Plants de kale noyés planqués sous la table de jardin en prévision des déluges du lundi.
Dimanche. 
A quelques mi-nuits, les vies.




Lundi.
En inquiétude toute végétal, réconforter des plantations noyées par les pluies assassines, les escargots gloutons et quelques pucerons narquois. Du papier kraft en sauveteur sur un terreau imbibé, un spray fabriqué en priant les dieux du potager.
Par la porte, effluves de cyprès et de lavande, d'une huile que je verse dans une soucoupe de sel, rite vaudou à ça de la sorcellerie.
Gouttes qui font piailler les feuilles d'arbre et mon inquiétude de jardinière urbaine.
Lundi.

dimanche 10 juin 2018

Nuque humide et fraises dans la paume


(Hier, écouter ça puis "On verra" de Nekfeu.
Réponse surprise à cette mélancolie qui agite ce nœud entre mes omoplates) 



14 heures 32.
Cheveux mouillés, goût d'un expresso derrière les dents.
Sur la table basse, brève vaisselle et carnet ouvert, celui qui liste toutes les choses pour lesquelles je reste en vie.

Je regarde la lumière jouer dans le lierre suspendu à la porte, un rouge-gorge sautiller sur le béton et les jours revenir.
Je ne sais pas trop quoi écrire, parce que je ne sais pas trop qui toucher.
Je me sens un peu seule ici, je me sens vaguement loin là-bas.
Je ne sais pas quoi raconter.

Je regarde mes mains qui se tordent au-dessus du clavier, temps flottant dans un léger trac. Quatre bagues, excroissances de la peau devenues symboles intimes.

J'écoute les oiseaux, sonates répétitives, avertissements mystiques et poésie animale.

Je glisse mes doigts dans mes cheveux mouillés, soulève les mèches devenues si fines et bouscule les boucles en mesurant si les petits trous laissés par cette chute se comblent de nouveaux crins.

J'agite mes orteils sur le tapis, cherche une odeur de fraises dans ma main droite, me demande quelle musique écouter, guette les bâillements annonciateurs d'une sieste et regarde les livres de la bibliothèque en me disant que peut-être j'y retournerai cet après-midi.



Jours suspendus, dans mes matinales le rituel immuable : dents brossées, Seroplex avalé.
Jours suspendus, au creux du ventre cette fatigue éternelle : nuits de dix heures, sommeil en invité dès 18 heures.
Jours suspendus, dans mes mots chercher comment enlever ce filtre : même à moi, me cacher les effroyables.



Dimanche suspendu.
Je vais bien.
Je suis en vie.