dimanche 4 novembre 2018

Avancer


(Je m'en veux souvent, de ne pas chercher à faire un truc de mes mots.
Je me sens gâchée et paresseuse)



Alors voilà, j'ai eu peur.
Elle m'a dit que j'avais beaucoup avancé en quelques semaines.
Et j'ai eu peur.
Je me suis drapée dans cet humour maladroit, celui de la gêne qui maîtrise l'agressivité.
J'ai encore un peu peur.
J'ai souvent envie de mordre quand on me fait sentir que ça s'arrange pour moi.
Parce qu'en vrai, je me sens toujours aussi loin, étrangère aux vies et l'étrange à vie.

Souvent, je n'ai pas envie d'avancer.
Sûrement un vilain reste de traumatismes au pluriel et à l'acide, à coup sûr la compagne de ce long travail.
Pourquoi j'avancerais ?
Pour me maquer et faire des enfants ?
Avoir une carrière et des collègues, un devis dans l'entrée d'un petit appartement pour une nouvelle cuisine et... ?
Pourquoi j'avancerais ?
Je me dis parfois que de toute façon, maintenant c'est juste rester en vie, le but.
On valorise les hommes à blessures, c'est rendu beau et émouvant, ils ont de gentilles compagnes solides.
Et les femmes à blessures, ce sont juste des hystéros qu'on n'aime pas. On les baise, mais hein. C'est faute de mieux.
Parce qu'une femme, c'est la Vierge et la putain, l'amante et la mère.
Pas la femme qui lutte parfois pour se lever. Pour prendre une douche et parfois même pour manger, boire, marcher, parler.
Mais chut Mathilde, chut.
Ce n'est même pas beau, ce que tu écris.
Inspire.
Expire.
Tout ira bien.
Ou pas.
Ou.
Tout ira.
Voilà, tout ira.



Une migraine cingle mon front, le goût du café en souvenir.
A mes pieds, baskets impatientes.
Du linge à récupérer à la laverie.
La bibliothèque en but, braver les promeneurs pour quelques centimètres de pages.
Et puis je vais faire de la compote et de grandes rêveries à la fenêtre, demander des bisous à Verlaine Ty Miaou et faire infuser du thé.

3 commentaires:

  1. C'est dimanche midi et "je me sens toujours aussi loin, étrangère aux vies et l'étrange à vie." Je suis cette femme que tu décris dans ton texte, des mots sur mes maux. C'est un baume de te lire, je me sens moins seule... Ne doute pas de la puissance et de la beauté de tes textes et laisse la culpabilité a la poubelle. Tu n'as pas a faire quelque chose avec tes ecriéc, c'est déjà en processus, tout va se faire...

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    1. C'est beau, de savoir qu'il y a une connexion même quand je pense être seule.
      Je repense à cette image que j'ai souvent eu. Nous en lointain, ce sont sûrement des droites parallèles. Je suis cette droite pas très loin de toi alors...
      <3

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  2. *écrits
    Désolé, mon auto correcteur est con !

    Jflobel
    Xxx

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