vendredi 29 juin 2018

Juillet


(J'ai beaucoup repensé à la plage de mon rêve récurrent, sa silhouette et la lumière)



Alors oui, j'ai un peu peur.
De l'oubli et de l'été, de lui en dégradé, de sa vie bouleversée et de sa mort comme une atrophie de juillet.
J'ai un peu peur alors, oui.
Garder que sa mort importe mais que sa vie encore plus.
Je suis l'héritage de tout ça, je me suis construite avec et sans lui.
J'ai un peu peur.
Mais il est là.
Il me l'a seriné des dizaines de fois, au creux de l'oreille.
Il m'a dit.
Des mots doux dans des effluves de bières, des cafés brûlants.
Des cochonneries, moi rougissante et palpitante et bouillante et miaulante.
Il m'a assemblée.
Des années et des années de moi.
Il m'a aimée.
Peau frissonnante sous la caresse.
Baiser sur la nuque.
Draps froissés, supplication.
Il a été.
Mon quotidien et mon rassurant, les nuits trop petites et les jours émouvants.
Il est.
Ma main droite que je plaque contre cette échoppe fermée, mon recueillement ému chaque soir.


Je suis là.
Je me dis.
Je m'assemble.
Je suis aimée.
Je suis.

Main droite en relique, création de sillons sur d'autres peaux.

Juillet à dessiner.
Août.
Septembre.
Octobre.
Nov...

4 commentaires:

  1. Superbes mots posés, il était temps…. Caliente.
    Iceberg.

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    1. Iceberg.
      Dans une sage infusion de menthe, ces plants que je berce pour les verres conséquents dans la nuit.
      Iceberg, peau brûlante et cheveux relevés au-dessus d'une nuque échauffée.

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  2. Cette absence me faisait un petit vide. Ça me change d’être revenue!

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    1. Peut-être que c'est le bon rythme.
      Celui de la surprise.

      <3

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