dimanche 20 mai 2018

Soir de deuil


(Parfois, dans mes soirs chagrins)



Il y a des soirs comme ça.
Quelques mots, dire et se raconter, confier et se détricoter, quand soudain, en grand, géant, néon et montagnes russes : il me manque.

Ce soir, j'aimerais l'odeur de son tabac dans la cour, son silence. Juste un rien de lui, du lui dans rien.
Si je me concentre fort, ferme les yeux, invoque avec tendresse violente et tendre violence son image, il sera là.
Vivre sans lui et avec sa mort.
Vivre sans lui et

Là, tout de suite, je regarde devant moi la clef dans la porte, et mes yeux en marée haute.
La nuit sera vaguement grinçante, viens me hanter s'il te plaît.

Respirer.
Evidemment, ça fait mal.
Mais je le fais bien, ce aïe.
Tout ira bien.



Alors, on se tient.
Des mots et trois choses magiques, on se tient.
Dans mon sac, tissu à nouer et sécateur, coin à fleurs débusqué à explorer, on se tient.
Pieds nus sur le tapis, muscles des bras en costaud Jojo, on se tient.
Des riens annulés pour l'honorer, on se tient.
On se tient ?
"Il y a ce rocher qui est bien, et ma main qui est là", ce qu'il a dit sur une plage il y a des années.



On se tient.
Tenez-moi.
Rocher un peu haut et pieds nus.
Depuis lui, dans mon pied gauche, un petit os arraché mal réparé.
Du deuil physique, à vie une dilution.



On se tient.

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