jeudi 3 mai 2018

Où la distance palpite




Comment la douleur se transforme en souvenir serein ?
C'est une préoccupation. 
J'ai un peu peur de cette mutation. 
Est-ce que ne plus le pleurer à en crever, c'est l'oublier ?
Non, évidemment. Mais c'est à ancrer en moi, encrer sur moi et bercer chaque nuit

C'est un peu intimidant, de voir que les émotions changent.
De sentir que je ne réagis plus de la même manière.
Il m'arrive d'avoir très mal, évidemment. 
Mais désormais, je me sauve la peau.
Là où j'aurais laissé les chagrins m'écorcher, où j'aurais traqué les larmes pour m'y noyer, restent désormais des manœuvres d'urgence, des protocoles de soin et la surprise d'un "ça va tellement mieux".



Je crois que c'est un peu lié à ce jeudi en confettis, à vous.
Je me suis sentie grandir, muer et m'apaiser.
Il reste quelques résistances, évidemment.
Parce que c'est complexe, de se délaisser du chagrin.
C'est bien plus facile de laisser les ombres dévorer les heures, de se conforter dans une adoration funéraire basée sur la douleur.

Mais après ce long weekend de célébrations, après ces semaines avec vous, j'ai réalisé.
Souffrir le martyre n'a rien à voir avec le souvenir.
Il s'agit d'honorer, de se recueillir, pas de s'écorcher.



Passent les jours, les chagrins, les terreurs. 
Restent sa silhouette dans le soleil d'été, ses mains sur le volant, ses yeux bordés de rires.

Passent les saisons, les affres et les regrets.
Restent l'amour, les beaux et les infimes grandioses.



Alors oui, j'aurais mal. 
Encore et encore et encore et encore et encore et encore.
Mais j'irai mieux.
Un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus et un peu plus. 


Résidera lui, lumière et paix, à trois pas de moi. 


Vivra moi. 

2 commentaires: