mercredi 2 mai 2018

De la rigolade dans le recueillement


(Il y a cette chanson adorée, de Sufjan Stevens, cet acoustique que j'ai chanté quelques fois.
Mais cette nuit, sur le tabouret de la cuisine, l'instant parfait.
B. qui joue sur la guitare de T.
Ma voix encombrée puis légère, écho aux années où on la chantait dans la voiture avec lui, avec eux, entre Rennes et des aventures, entre la ville et la mer, entre janvier et décembre.
"You came to take us
All things go, all things go
To recreate us, 
All things grow, all things grow"

On a chanté Bon Iver ensuite, mes pieds froids sur le carrelage, mes mains frissonnantes de l'émouvant.
J'ai tant pleuré ces derniers jours. De beau, en éternelle bouleversée. Le deuil, meilleur alibi pour émotive)



J'ai remonté ma rue dans la magie.
Nuit noire, église flamboyante et béton griffé de couleurs.
Dernière heure de mardi.

Aujourd'hui, je me suis réveillée la porte entrouverte sur la maison silencieuse.
J'ai bu du thé dans la cuisine avec sa mère, en écoutant France Inter.
J'ai arraché des mauvaises herbes dans l'allée, en pyjama.
Je suis rentrée au terrier prendre quelques affaires, pour filer courir sous le ciel bleu avec son père.
On a vu un teckel qui faisait son jogging, en lançant ses pattes très haut. Il avait l'air de penser à son corps de juin en maillot de bain, préoccupé.

On a déjeuné dehors.
Plaid tricoté par ma mère, odeurs de feu de bois.
Attroupement de mecs autour des flammes et cette question éternelle : pourquoi dès qu'il y a une étincelle, les hommes s'approchent en animaux primaires ? Héritage ancestral.
J'ai mangé des trucs de hippie, en pas beaucoup parce que j'avais boulotté deux courgettes crues dans mon transat (comment Mathilde ? Comment ?)

Aujourd'hui, j'ai fait du yoga dans le salon, avec sa sœur et trois copains costauds.
Une cérémonie du cool et du recueillement. Je me trémoussais, j'avais mis ma super playlist de rap.
J'ai fait la sieste sur le trampoline, avec un oreiller, une couette et mon plaid. Parce que contre toute attente et après de longues heures d'expérience, c'est un super endroit pour dormir (ça vient des ressorts).
J'ai joué avec la chienne de B., qui comprend mal le concept et se contente de me regarder sauter partout en criant des mots d'amour. Elle se tournait souvent vers B. avec un regard satisfait : "T'as vu, je fais jouer ton humain de compagnie !"
J'ai eu ma mère au téléphone qui m'a raconté la nouvelle aventure de mon sharpei de l'amour, Nikki. Une histoire de coussinet blessé et de petit produit qui ne pique pas à appliquer. Mais Nikki déteste se faire soigner. Ma mère, ma douce maman, a dit très sérieusement : "J'ai réussi, je lui ai fait une clef de patte". Je rigole encore de cette phrase, et en rirais encore longtemps.
Il y a beaucoup de chiens dans ce billet, la journée était bonne à ce point.



J'ai aussi pris le temps d'être seule.
Ecouter la radio et arroser mes plantes.
Respirer la glycine et boire des herbes.
Dérouler mon tapis et baisser les cils.
Sentir l'odeur de son cou et son tee-shirt bleu marine dans ma main droite.
Avoir un peu peur de juillet, mais ça ira.
Parce que toujours, maintenant.

Il nous a offert des belles vies, alors ça ira.



Après hier soir et cet aujourd'hui doux, je me sens apaisée d'armes et de renforts, de douceurs et d'infinis, d'éternels et de ravis.



Sa main tendue dans la nuit.
Toujours, même maintenant.



Des paumes inconnues dans les heures.
Aujourd'hui et demain.



Demain.
Toujours, des demains...

4 commentaires:

  1. Des paumes inconnues...
    Ça a l’air sacrément beau. ♥️

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    1. C'est toujours un peu beau, les demains.

      <3

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  2. Peu importe ce que tu dis, c'est toujours apaisant de lire ce que tu écris.❤️

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