samedi 14 avril 2018

Pointiller les chagrins



Pointiller les chagrins.
C'est ce que j'ai fait hier.
Entre petite blessure du jeudi et questionnements de meuf, les trésors.

Peut-être que c'est ça, le retour vers la douceur.
Réussir à glisser du joliment wahou entre les acidités.

Alors tout en vrac, comme au magasin bio où je vais, en bonne crevure de hippie, des trésors :
- Il y a eu la petite pêche en feutrine aperçue par terre, dans la rue. J'ai immédiatement pensé à l'expression "garde la pêche" et aux fruits d'été.
- J'ai écouté le nouvel EP de Nemir. Zion, c'est le son que je vais ajouter à ma playlist de mes yoga dance parties. Il y a son concert demain, mon attente toute sautillante. Le lieu du concert, en haut de la rue, est magique. Parc du Thabor, chapiteau et beaux instants.
- J'ai vu Eddy de Pretto en showcase, un instant court, si court, et pourtant intense, si intense. Et ma journée a été bercée par Quartier des lunes. Ma mère m'a raconté qu'elle venait d'acheter l'album, sous mes conseils avisés. Et j'ai remis un coup de paillettes sur sa médaille de maman que j'aime à la folie.
- J'ai acheté des chaussettes et pense sérieusement que ce genre de shopping est le meilleur du monde. Je n'ai pris que des couleurs improbables, des motifs qu'on pourrait qualifier d'improbables. Et j'étais  contente, en grand.
- J'ai beaucoup pensé à G., une grande tante très éloignée morte cette semaine. Elle avait 87 ans et un énorme, énorme cœur. Je ne l'ai vu que quelques fois dans ma vie, dans sa maison à Clarensac, près de Nîmes. Mais je me souviens qu'elle était gentille comme on devrait tous l'être. Elle avait pourtant peu de visites, ses enfants étant des pignoufs (ma chère famille, du côté de mon cher père, est... Disons que si on veut faire un prélèvement de cons, il y a de quoi faire). Alors prenons un instant pour penser à elle. Germaine, 87 ans. Au jour où le feu le chien de ma grand-mère avait dévoré tout le dîner alors qu'à côté, cette dernière disait qu'il ne volait jamais rien. A ce même chien qui tombe dans la piscine et découvre la natation. A mon expédition en solitaire, mp3 et soleil brûlant, pour acheter du pain dans une supérette où le monsieur avait le bel accent du Sud et m'avait offert une glace à l'eau. Pensons à Germaine donc, bienveillance et bienveillance et bienveillance.
- J'ai fait un thé au terrier, l'ai glissé dans un thermos et filé au parc. Et j'ai bien fait, puisqu'il y a eu deux heures plus tard une averse de grand été.
- J'ai acheté un plant de menthe et un de sauge. Je leur cherche des noms. Pour le moment, c'est Kim et Gordon, parce que... Parce que.
- Un couple au look rock-bobo-si cool m'a accostée dans la rue, en rapido Fangio, pour me dire que ma couronne était magnifique. Du coup, je ne regrette pas de mettre fait violence ce matin et de l'avoir glissé dans mes cheveux un peu emmêlés (Ont-ils une vie autonome ces salopiots ?). Il y a eu le sourire de cette nana cool en vélo, le regard de quelques petites filles, ma voisine qui a dit qu'on dirait une fée. J'ai l'impression d'être surtout couronnée de la gentillesse de ces tendres du jour.
- J'ai fait des galettes vegan pour une copine gentille qui passe son temps à Picard et clame qu'il faut, IL FAUT, manger des protéines animales. Si j'étais une virulente, je braillerais comme un âne. Mais vu que... Hein... Du coup, j'ai cuisiné pour elle. Elle va se régaler à ça de l'indécence.
- Une jolie chienne que je croise souvent s'est jetée sur moi. Je ne l'avais pas vu de tout l'hiver, et qu'elle me reconnaisse, si contente de me voir, à gonfler mon petit coeur de fucking dog lover comme une montgolfière. J'aime avoir des amis qui sont chiens de profession.
- Je vais vite vite me brosser les dents, avec ma brosse à dents d'écolo (j'en suis là, oui) et filer me roudoudouner dans mon lit, ayant déjà hâte d'être demain.

Prenez soin de vous.
Ne doutez pas de votre force ce week-end.
C'est fait pour ça le repos, prendre le soleil et le courage comme des crocodiles.

2 commentaires:

  1. Quelle fraicheur, ouf.

    RépondreSupprimer
  2. Clairement pas ce qu'on gravera sur ma tombe.



    (Mathilde, un corps, mais aussi un esprit)

    RépondreSupprimer