dimanche 15 avril 2018

Mon samedir, pour rimer avec Nemir



A cette heure, au creux du poignet droit, le tampon du festival Mythos.
A mes chevilles, le corps possédé au concert de Nemir.
Ce mec groove, danse et enchante, en drôle et sincère.
J'ondule encore, programme mon running de demain au son de son nouvel EP, celui qui tourne depuis sa sortie.
Mais avec un humour délicieux, ce sera "Ça sert" qui couvrira mes premières foulées.
Il a ouvert le concert sur ce titre...

Je voulais dérouler de nouveau mon tapis de yoga et écouter "Demain".
Parce que "La nuit, je crois en mes rêves".
Mais en fait non, je vais juste raconter un peu, me démaquiller vaguement (lâchons prise, nous aurons toujours du mascara sous les yeux au réveil) et dormir enfin.



Mais à cette heure, je vis aussi le dilemme, le grand.
J'aimerais aller au concert de Bertrand Cantat lundi soir.
Mais je sens sur mes épaules les raisonnements populaires et tout à fait légitimes.

Je crois très fort aux secondes chances et aux suivantes.
En témoigne mon engagement dans la vie carcérale.

Je crois très fort aux secondes chances et aux suivantes.
Mais je comprends que réinsertion et vie publique soient difficiles à associer et à concevoir.
Je pense que ce débat autour de la tournée de Cantat nous questionne sur ça : notre rapport aux secondes chances et les limites qu'on y fixe.



Pour beaucoup, aller applaudir Bertrand Cantat, c'est cautionner les violences faites aux femmes.
C'est comme ça, c'est un réflexe pavlovien.

Mais je n'ai pas tellement la force de taper du poing sur la table, en fait.
Ce n'est pas moi, ça.
Les conflits, c'est mon horreur.
Être en opposition, ma grande difficulté.
Défendre mes convictions, c'est mon impossible.
Alors je fais profil bas.
Etant une crevure de hippie, beaucoup des choses auxquelles je m'intéresse sont moquées. Mais je me tais.
(Oui, les gens peuvent être chiants et fermés, c'est décevant)
(Non, je ne me fais jamais violence dans ces débats stériles, je suis nulle oui, mais perdre autant de temps et d'énergie...)



Je me dis qu'on n'a pas brûlé les œuvres de Céline malgré son antisémitisme.
(Mais on devrait, c'est surtout très chiant)

Je me dis qu'on n'a pas brûlé les oeuvres de Sade malgré ses viols.
(Mais on devrait, c'est surtout très chiant)


Il est 23 heures 09.
Et je vais aller à la billetterie demain, pour cette place de concert.

Il est 23 heures 18 (j'ai écouté "Saiyan" et mis de l'eau à chauffer. En dansant, oui)
Et je me réjouis de demain.
Du yoga et du parc cavalé, de la cour à fleurir et du jour clair.

2 commentaires:

  1. C'est toujours un immense plaisir de lire tes mots. On y retrouve une jolie perfection. Une perfection aussi parfaite que possible, de la même manière qu'à travers tes mots, tu as l'air d'une personne qui atteint une autre perfection. Différente, mais parfaite. Alors MERCI. Merci et continue d'écrire, toujours, et continue de publier, aussi longtemps que tu le voudras. Ça sert. C'est beau. En ce qui me concerne, ça me fait du bien de te lire. Alors, encore une fois, mais ça ne sera jamais assez, MERCI.
    Et même si mes mots sont maladroits, je pense que celui-là est assez maniable. MERCI.

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    1. C'est insensé.
      Après la lecture de ces mots, c'est ce que je me suis dit. "C'est insensé".
      J'ai jardiné en chouinant un peu, nettoyé les fenêtres et les portes à en avoir mal aux mains. Chantier printanier et cœur renversé.

      Je ne sais pas qui tu es.
      Je ne sais si tu liras ça.
      Mais sache que tu as fait valser mon dimanche.

      Merci à toi.
      De me lire, de prendre le temps de m'écrire.
      C'est inouï...

      Merci.

      Prends soin de toi.

      <3

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