lundi 9 avril 2018

Le doute

Ce doute, perfide.

Pour écrire, il faut vivre.
J'aimerai faire des choses en ce moment.
Des choses aussi simples que nager dans un quotidien brillant de banal en or.
Me concentrer sur mes projets, investir pleinement mon énergie et profiter de l'étape construction.
Vivre sereinement ma désintoxication au sucre, me lancer des défis au running et dérouler encore plus mon tapis de yoga.
Boire du thé en regardant la pluie tomber, prendre du temps pour ne rien faire et paresser sur le sol.
Aller au musée, profiter des concerts merveilleux si nombreux à venir et bouquiner.

Pour écrire, il faut vivre.
Et publier tous les jours, c'est difficile.
Je ne suis pas certaine de raconter des choses intéressantes, je suis partagée quant à vos attentes.
J'oscille entre observation chirurgicale du nombre de lecteurs, espoir de retours et bras baissés.
J'aimerai vous proposer des choses plus fouillées, plus... Je ne sais pas.
Je n'ai pas l'impression de vous dire des merveilles.
Je n'ai pas l'impression de partager du beau et du palpitant.

J'aimerai ralentir le rythme de publication à deux fois par semaine.
Mais à vrai dire je n'en suis même pas sûre moi-même, je pense que c'est peut-être aussi liée à cette détox puissante de répercussions.
Je ne veux pas décevoir ceux qui me lisent tous les jours.
Je voudrais raconter chaque matin une petite chose et que pour vous ce soit du beau en grand.

Alors dites-moi ce que vous voulez.
Surtout ceux qui lisent sans rien dire.
Vous devez aimer ça, puisque vous revenez chaque jour.
Mais cette poignée de retours, c'est parfois difficile.
Parce que je ne sais pas.
Si vous trouvez ici une respiration, de l'inspiration, ou si ce que je fais est vide de sens.
C'est un peu frustrant, de ne pas savoir qui vous êtes. Si nombreux silencieux et inconnus.
Signez un indice, un "on ne s'est jamais vu mais..." ou "on s'est déjà vu et...", votre prénom, sa première syllabe ou votre nom de scène (La Monstrueuse, évidemment), une certitude, un enthousiasme ou du drôle (j'ai vu un type dans une putain de voiture se garer comme un naze devant le pub), votre niveau au combat de pouces, votre dimanche rêvé ou votre nouveauté aimé (le London Fog : Earl Grey, lait de soja et vanille)
Vous aussi vous chantez dans la cuisine comme si votre vie en dépendait ? Vous aussi vous espérez des respirables beaux comme un possible ? Vous faites des trucs en beau tous les jours ?
Je ne sais pas.
Votre présence silencieuse me file le trac, parfois.

Ce doute, perfide.

14 commentaires:

  1. Continue d'être entière.

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    1. Après une nuit difficile, cette phrase ondule étrangement en moi.

      <3

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  2. On a pas besoin de beau et de palpitant, on a seulement besoin de toi. Si tous les jours est trop, on attendra avec encore plus d'impatience et d'envie tes jolies histoires. Reste toi, tel que tu le veux <3

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    1. Oh... <3

      C'est que j'ai parfois l'impression que vous ne trouvez pas votre compte ici.
      C'est certainement lié à cet anonymat envahissant.
      Les lecteurs devraient porter un parfum.
      Quand j'ouvrirais mon ordinateur, il y a aurait une odeur d'eaux de Cologne et de café. Et de cigarettes, peut-être.

      Prends soin de toi <3

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  3. Toujours compliquée, la contrainte de publication - qui plus est quotidienne… À moins que tu le ressentes comme un moteur ou un cadre rassurant, le mieux est de le faire au feeling, non ? On continuera à lire, même si ce n'est pas tous les jours (les agrégateurs de flux RSS sont faits pour ça, après tout)(puis on aura moins la sensation de retard de lecture quand on aura déconnecté pendant quelques jours comme ça ^^).

    Sinon, pour la fiche de présentation : je suis une souris qui n'a pas joué depuis une éternité au truc des pouces, qui aime son Earl Gray de chez Fortnum & Mason *sans lait* (ça va pas, oh !), blogue depuis plus de 10 ans et chante parfois des tubes Disney quand personne n'est là pour écouter et me taxer de schizophrénie murine coz' everybody wants to be a cat…

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    1. Je trouve l'idée de s'imposer des choses intéressantes.
      Sortir de sa zone de confort, du moins évoluer autour d'elle.
      J'ai peur de tout simplement tout délaisser si je ne continue pas...

      Aujourd'hui, je chante Sufjan Stevens dans le canapé en buvant du thé (le lait, c'est en nuage et à cause des copains anglais) et me dis que tu pourrais poster tes avis culturels sur Sens Critique.

      Des bises et des coeurs <3

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    2. Oui, c'est comme la rizière de Robinson Crusoé : la contrainte qui permet de tenir. La mienne n'est pas temporelle, mais il y en a une quand même : chroniqueter tous les films, spectacles et concerts auxquels j'assiste. C'est marrant : autant je me suis posé la question d'écrire ailleurs que sur mon blog pour la danse (afin de gratter des places presse), autant je n'ai jamais songé à Sens critique. Je voyais plus le blog comme un ensemble, une manière médiée de parler de moi en parlant d'autre chose (et vice-versa, évidemment). Merci pour l'idée en tous cas, je vais y penser. <3

      (Si un jour j'ai l'occasion de t'inviter pour le thé, j'essayerai de penser au nuage.)

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    3. Au moins, tu pourrais trouver de jolis trésors sur ce site.

      (Végétal, le nuage.
      Ce sera bien.)

      <3

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  4. Tes billets font mes meilleurs petits déjeuners. Mais laisse toi aller, publier, écrire, inventer tous les jours c'est peut être beaucoup. Alors on respire un grand coup. On s'écoute. Moi Je serai là au prochain rendez vous 💛

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    1. Je viens de terminer le billet de demain (demain ? Oui, sûrement, je verrai plus tard).
      Je nous y ai glissé de la musique.

      <3

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  5. Moi je suis tombée amoureuse de tes mots, ils me donnent envie d'écrire les miens alors merci. Merci mille fois

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    1. Merci à toi, mille fois, de me signer un petit mot ici.

      Lire que j'écris pour des gens, des vrais, c'est mon rassurant du jour.

      Prends soin de toi <3

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  6. Moi ma première syllabe c'est Ma et je suis heureuse de lire ces billets.
    Ces billets de bonheurs, malheurs, douleurs mais aussi de hauts le cœurs me rappelle chaque jours de faire attention à quiconque.
    Ces billets me foutent le cerveau à l'envers ou alors me le rafistole.
    Ces billets font l'effet d'un nouveau souffle. Et ça fait du bien. Étant une ado, je pense que j'ai besoin de ça après les cours et puis savoir que ce que je pense n'est pas que le fruit de mon imagination me rempli de joie.
    Ces billets c'est toi, alors merci. Merci d'écrire et d'être là. Merci de ces partages.

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    1. Plus de deux heures.
      C'est le temps que j'ai mis pour digérer ce message.

      Merci, en grand et en wahou, pour m'avoir laissé un mot ici.
      Après une journée dans la vase, c'est un réconfort.

      N'oublie jamais : la peine est légitime. Ce que tu ressens est légitime et n'est jamais le fruit de ton imagination.

      On se rejoint demain.

      Prends soin de toi <3

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