dimanche 22 avril 2018

Note du samedi : Ishnaan




En ce moment, ce qui me fait lever, c'est la perspective de pratiquer ma séance de yoga les portes et fenêtres ouvertes, en écoutant les oiseaux réveiller la journée.

Chaque matin, c'est une victoire. D'atteindre la verticale, de ne pas m'engluer dans la dépression, d'avoir envie de vivre ces nouvelles heures.
Parfois, c'est dur. Très dur.
Et ces parfois sont les pires. Parce que j'ai peur de sombrer de nouveau.
C'est une histoire de jamais plus et de pour toujours.
Je me souviens avec sidération de ces mois passés à penser au suicide dans mon lit. Dès le premier battement de cils, dès la lueur de conscience, c'était là. Je voulais me tuer. Je ne me disais pas "Je veux mourir". Je me disais "Je vais me tuer". Des images se dessinaient en moi, mon corps pendu ou drogué, et. Non, chut, on est samedi soir, je pars tout bientôt rire avec le clan, la  bande, alors chut, chut, chut. Mais en fait, ces images ne sont pas si terribles, c'est plutôt le reste, ce qui restera tatoué sur chacun de mes organes. Je. Chut.
Alors maintenant, c'est une question de survie, ces quelques minutes au réveil. Ce n'est pas une figure de style, un beau ton sépia sur un quotidien, c'est du vrai : c'est une question de survie.

Pour survivre, je médite d'abord quatre minutes. Très exactement quatre minutes, oui. Encore sous la couette, me rappeler que je suis là, et que ce n'est pas si mal. Ecouter ma respiration, sentir se diluer le sommeil et tenir à distance la vilaine.
Pour survivre, je bois un grand verre d'eau. Vite et bien.
Pour survivre, je fais du mini yoga. Je crois que ça consiste surtout à faire le chat en soupirant d'aise.

Après, c'est l'heure d'un autre combat : Ishaan.



Ishnaan, c'est un truc de crevure de hippie que j'ai longtemps pratiqué, un peu abandonné, et gaiement repris.
Ishnaan, ça consiste à ne se laver qu'à l'eau froide. La plus froide possible. Jusqu'à ce que la température soit agréable (je crois que c'est une affaire de trois minutes, comme le brossage de dents).
On pratique ça dans un rituel bien établi, aussi vieux que le yoga. Réveil aux aurores (4 heures, normalement...), ablutions (nettoyage de la langue, rinçage du nez, des oreilles et des yeux, sept coups d'eau sur le visage (pour les sept chakras)), Je coupe là, parce que je suis intarissable sur le yoga mais ça ne vous intéresse probablement pas.
Donc, au moins ce fameux Ishnaan.
D'abord, il faut se brosser le corps consciencieusement, s'enduire d'huile (ça me fait toujours penser aux vieux péplum) et de courage.
Mouiller les pieds et les mains.
Et se jeter à l'eau.
Les petits cris et jurons sont en option.

Pourquoi, me direz-vous ?
Les bienfaits sont multiples, mais le plus cool à mes yeux, c'est de commencer la journée sur une sacrée victoire. Avoir trouvé le confort dans l'inconfort, fait preuve de volonté. On n'a rien à envier à Beyonce, on a vaincu la facilité de l'eau chaude. C'est immense.



Peut-être que c'est ça, les petites victoires.
Faire en sorte de n'avoir rien à envier à Beyonce.

2 commentaires:

  1. Je vais essayer de trouver le confort dans l'inconfort. Merci.

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    1. C'est un des points du yoga : s'abandonner dans une posture inconfortable, respirer malgré nos "vite vite vite, il faut que j'arrête".

      Tu verras, ça change des choses.

      Prends soin de toi <3

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