dimanche 8 avril 2018

De l'indulgence

Je suis allée courir avant la pluie.
Courir surtout pour être seule avec de la musique et fuir cette désintoxication au sucre qui me rendait hier fatiguée et nauséeuse.

Je suis allée courir avant la pluie et j'ai vu.
Un papier juste devant l'immeuble que j'ai jeté au recyclage, un chien rigolo en manteau, un joggeur qui m'a salué avec tant de joie que je me suis dit qu'il devait être content de sa course et un écureuil dès la première haie du parc.

Je suis allée courir avant la pluie et j'ai compris.
Que j'avais encore du chemin à faire avant d'arriver à une indulgence sereine. Je trouvais que je ne courais pas assez vite, que mes foulées n'étaient pas assez fluides, que je ne respirais pas assez pleinement, que je ne mettais pas assez d'entrain, que.

Enfin, pourquoi...

Pourquoi je me gratte de tant de reproches alors que je suis en train de courir ?

Je suis en train de courir.
De faire marcher ce corps que je n'aime pas beaucoup alors que je pourrais l'avoir laissé tomber.
Je suis en train de courir et c'est déjà grand.

Alors pardon, mon corps.
Pour toutes les fois où je t'ai détesté, où je t'ai insulté.
Je t'ai affamé, torturé, maltraité, dénigré.
Pardon.

Et merci, mon corps.
On a traversé quelques fracas, on n'aurait pu ne pas s'en sortir.
Tu me permets de faire des choses, et je ne prends jamais le temps d'admirer ta force.
Merci. 

On est là.
A courir tous les deux au parc.


Alors je vais faire un effort pour te cajoler un peu plus. 
Un peu plus chaque jour, ok ?

C'est certainement ça, les changements.
Un peu chaque jour.

2 commentaires:

  1. Oh oui des cajoleries. Et du sport pour le mental.

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