lundi 30 avril 2018

Avant le pas d'anniversaire, jour 2


(Je me souviens avoir regardé ce clip des dizaines de fois à sa sortie...
Dans la playlist de demain soir, ce titre.
Des chansons adorées de T., de moi, de nous tous.
Des chansons adorées, adulées, pour créer l'immortalité dans le devoir de mémoire désormais noué à nos poignets)



Déluge.
Je reviens d'une course où il fallait avoir la foi.
Même avec mon super tee-shirt Led Zeppelin et une playlist cool, c'était une épreuve de force.
Mains mouillées et baskets inondées.

Au retour, la tasse brûlante sur la table basse et les vêtements qui sèchent sur la porte de la salle de bain. 



Depuis hier, je fais des trajets entre la maison de B. remplie de copains bruyants et ma solitude mélancolique nécessaire.
J'écoute de la musique en marchant dans les rues, franchissant des frontières et caressant des cicatrices.
Je rassemble l'essentiel, offre le subtil et cherche le repos paresseux.
J'ai l'étrange impression que nous sommes des soldats au camp avant la bataille sanglante, les mains sales et les peurs nouées.
C'est certainement parce que chacun, sous un rire tonitruant dans l'entrée, une blague graveleuse dans le jardin, un sommeil paisible dans le canapé, se tait les bras ballants devant le trop grand. 
Chacun, dans cette maison, a perdu T. 

Nous avons perdu T. 



Ça nous rapproche.

Ça nous éloigne.

Parce que face à la douleur, nous serons toujours seul. 
Il y a autant de chagrins que de cœurs brisés. 



Je me suis retrouvée là, au-dessus du marbre.
Pour la première fois depuis l'enterrement.
J'étais un peu troublée de voir l'identité dans le funéraire. Son prénom... Je ne l'ai prononcé qu'une fois, quand ils s'apprêtaient à l'emporter. 
J'avais dans la main droite les fleurs sauvages qui poussent dans ma cour, dans la main gauche les dernières négociations.
Et si je lui parle, il reviendra ? 
Et si je lui chante, il reviendra ?
Finalement, j'ai juste murmuré son petit nom, les lettres sautillantes, les sons riants.
Et j'ai pleuré, pleuré, pleuré, pleuré.
Je crois que ce recueillement gauche, seule sur le gravier, je ne le referai pas.
C'était important, d'y aller enfin. Certainement. Je ne sais même pas.
Mais ce n'est pas mon deuil, fleurir son absence. 



Demain, il y a le grand soir. 
Enfin.
Demain, il y a l'émouvant dans la fête, le tourbillon jusqu'au chaos et la vie, qui à la mort, se fera écho.


C'est certainement ça, finalement.
Une histoire d'échos.

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