mardi 20 mars 2018

Un nuit, une frontière

Je suis un animal nocturne.
Je contemple, prends des notes, les explore, écris encore et toujours.
Je soupire, satisfaite.
Je soupire, agacée.
Quelques compagnons de route, des gobelets de café trop nombreux.
Je m'enthousiasme et me défais d'un bagage, en prépare un autre.
Paysage figé, heures qui filent, et.
Moi.
Debout.
Un entre deux temps.

Dans mon dos, la fameuse zone de confort.
Le pull en laine douce, les heures rassurantes, la langueur, les tasses de thé chaudes.
Le connu. Les habitudes presque déplorables.
Ma passivité. Laisser les jours inexplorés.
Mes excuses. Ne pas faire, parce qu'à quoi bon.
Mes incertitudes. "Ça ne marchera jamais".

Devant, à un pas.
Les projets, tellement grands que je n'ai pas osé les imaginer, le travail à fournir encore et encore.
Le tout à faire.
Les espoirs sur lesquels je ne dois pas me reposer. Parce que ce n'est pas un espoir qui crée, ce sont les heures laborieuses.
L'acharnement que je dois conquérir.
Tout donner, et plus encore.
Bien plus.

A la frontière, moi.
Seule face aux doutes, rôdeurs sournois.
Le ventre noué entre peur et excitation.
Et ces quelques mots.
Ceux que je répète parfois dans mon terrier, ivre de joie et d'angoisse.
"Je vais le faire."



Un nuit, à la frontière.
Je me suis offert la mise en danger.
Je l'ai déjà fait il y a quelques jours.
Vous avez agité un cerceau enflammé et j'ai sauté.
Agilité et adrénaline.
Publier tous les matins avec un café d'angoisse, espérer les lecteurs, guetter les retours.
Se remettre en question, toujours et éternellement.
Décliner le mot merci, collectionner les encouragements.
Et fabriquer.
Des textes et des incroyables.
De tels incroyables.


C'est le début de la semaine.
Il y a quelques jours, la nouvelle Lune.
Celle qui offre l'élan, l'impulsion.
Je suis à ça d'écrire qu'il n'y a pas de hasard.



C'est le début de la semaine.
Et je vous la souhaite, la mise en danger.
De tout mon cœur.
Il n'y a rien à perdre, tout à s'offrir.

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