vendredi 9 mars 2018

Un jeudi qui déborde sur le vendredi

Les yeux encore bercés de sommeil.
C'est drôle, mon dos douloureux, mes abdos qui me chatouillent, cette fatigue format familial.
C'est drôle parce que ça n'a rien à voir avec mon humeur.
Douce et dorlotée de bienveillance, enjouée et totalement choquée par tout ça.
Il y a les petits doutes, derrière mon oreille gauche.
Mais chut, chut, main qui caresse l'échine, je profite de ce bouleversement.

Normalement, je trouve les jeudis décevants.
Un jeudi, c'est un vendredi qui n'a pas réussi.
Ce jeudi restera mon doux jeudi, une vague orchestrée par un décrocheur d'étoiles.
Je ris doucement de moi, parce que quand il m'a proposé de vous guider ici, j'ai paniqué. J'étais dans mon quartier, deux kilos de pommes dans mon sac à pois. Je suis rentrée rougissante, tourbillonnante. Je me suis assise dans le canapé et je me suis laissée rattraper par vos mots doux. A l'heure actuelle, mes cils sèchent enfin et les deux kilos de pommes sont toujours dans mon sac à pois.
J'imaginais qu'en allant me coucher, ce serait terminé. J'ai laissé jeudi s'étirer jusqu'aux petites heures de vendredi, un peu étourdie, toujours sous le choc. Mais non.
Je reçois des mots doux, des attentions délicates.
J'essaie de décliner le mot "merci", de ne pas trop pleurer (je n'ai pleuré que deux ou trois fois, c'est prodigieux) et d'illustrer un tout petit peu cette tendresse.

Je me sens en paix, là, tout de suite.
Je crois que ce sont des instants à chérir.
L'instabilité permanente et ce moment de grâce.
Le calme.

Ce calme...
Je ne me souviens plus de la douleur, la vraie.
Je me souviens juste de peines floues et permanentes. 
Il y a encore quelques années, j'écrivais tout, pour me bercer, me consoler, puis m'écorcher. Garder en tête que j'avais mal pour garder les mots. Pour moi, il fallait souffrir pour écrire. Et écrire pour souffrir. 
Puis j'ai décidé que je méritais mieux. Je méritais bien mieux que les larmes au réveil, les histoires d'amour foireuses avec des mecs qui pensaient me sauver. Au final, je n'avais pas besoin d'être sauvée. J'avais besoin qu'on me tienne la main pendant que je me sauve la vie. 
Alors j'ai pris mon courage, mes dernières forces. J'ai eu beaucoup de chance. En quelques années, j'ai guéri, vécu et aimé.
Tellement aimé.

Ce qu'il en reste, là, dans le canapé, ce sont des petites peurs comme des cicatrices sur les mollets.
Est-ce que je mérite votre amour ? Longtemps, bien trop longtemps, je me suis dit que c'était tellement dur de m'aimer. Enfant sauvage élevée par les loups. Encore maintenant, je baisse parfois les yeux en soupirant, le cœur qui se craquelle.
Je vous écris ça et verse quelques larmes, Alien de VSO en fond sonore "Man on the moon".
Je crois que ça n'aide pas, ce "On m'a dit d'écouter mon cœur"
Je respire et on reprend. 
Il n'y a pas de petites peines plus assassines que de s'imaginer qu'on n'est pas légitime. Que la douceur ne nous est pas destinée.
J'ai parfois l'impression d'être ce chien au refuge, guettant la preuve d'amour qui le fera exister le temps d'une tendresse.
Alors je respire, je respire, encore, encore, et on reprend.
Je prends cette vague d'amour et d'attentions, yeux clos et visage offert au soleil.
Est-ce que je saurais vous raconter ?
La beauté de ce vendredi matin, les trésors sur les jours dévastés, l'amour sans limite, les mots à appliquer comme un baume.
Est-ce que je saurais vous émerveiller ?

Est-ce que je saurais vous émerveiller comme vous m'avez émerveillée ?

De l'amour.
Encore.
On ne pourra jamais s'en étouffer. 

14 commentaires:

  1. Je suis heureuse d'avoir regardé la story Instagram de Maxence car grâce à lui j'ai découvert une magnifique écrivaine. Ne t'arrêtes jamais d'écrire, tu as un vrai don !

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    1. Merci mille fois.
      Vraiment.
      Être lue comme ça, c'est fou.
      Fou.

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  2. Superbe ! Et je pense que tu l'as compris, on n'a pas besoin de souffrir pour écrire. On peux écrire on ayant la joie au bord du coeur. Le bonheur ça ne se trouve pas, ça se crée. Construit Le ton bonheur et envolés toi.
    Signée une petite fan

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    1. Je prends mes petits mots de bonheur et les partage avec toi.
      Merci d'être arrivée là.
      <3

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  3. Tu es une écrivaine incroyable ! Tu fais ressentir les émotions au travers de tes mots, tu es incroyable et très douée. Ne t'arrêtes jamais

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    1. Tout ceci est fou, totalement fou.
      Je t'envoie des mots doux en cascade.
      <3

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  4. J’ai mal au ventre, c’est peut être le bateau...
    Je ne sais pas.
    J’ai l’impression que les mots s’accumulent dans mes poumons et pèsent lourd sur mon estomac. Ils sont prêts à sortir, au bord de mes lèvres, mais j’ai peur.
    J’ai peur de ne pas réussir à dire ce que je ressens. J’ai peur de me décevoir. Et toi aussi, j’ai peur de te décevoir.
    Ce n’est sûrement pas la déception que je redoute, mais c’est le seul mot que j’ai réussi à tirer de ma pauvre cervelle.

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    1. Mon petit coeur,
      Tu vas y arriver.
      Tu as juste besoin de respirer un grand coup et de choisir les mots.
      Ce ne sera pas les bons dès le premier coup, ce ne sera pas facile, ce ne sera pas toujours drôle.
      Mais ce sera tes mots.
      Tu arriveras, à bout de souffle, course effrénée dans ton vocabulaire. Tu arriveras et ce sera un soulagement.

      (Comment être déçue par cette armée de bras costauds ?
      Vous êtes des trésors)

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    2. Je lis...
      Je lis, tout, et mes joues sont mouillées.

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    3. De l'amour, de l'amour...

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  5. "je n'avais pas besoin d'etre sauver, j'avais besoin qu'on me tienne la main pendant que je me sauve la vie"

    cette phrase va guider ma vie, je te le l'assure. Merci beaucoup ♥️

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    1. Merci à toi.
      Mes mots n'ont jamais rêvé en aussi grand...

      Merci.

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  6. Elle est belle, dis moi, cette histoire.. <3

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