jeudi 8 mars 2018

Des mots comme dans un vide-poche, Y et un carnet à petites fleurs

Je ne sais pas trop où tout ça ira, où mes mots vont atterrir.
Je suis en brouillon, cheveux emmêlés et dos crispé de sommeil.
Alors on va dire que nous parlerons du concert de VSO hier soir, d'un carnet comme un organe et de la pluie du matin sur le béton de la cour.

Je prépare de la tisane "fraîcheur" et reviens sur ma rétine la buée des pintes de bière sur le comptoir du pub, fraîcheur étourdissante. Flaques de vodka sur le bois et les copains qui me lâchent dans la rue comme on lâche un lévrier à une course.

Notons d'abord deux ou trois choses (Il y a "Ça compte pas" de Lomepal qui démarre, c'est un bel hasard) :
- Prends toujours un sac dans lequel ton manteau peut tenir. Et si tu es gentille comme moi (beurk), tu peux mettre dedans celui de la fille à côté de toi dans la foule dansante au concert de VSO
- Si tu as une bombe lacrymo, ne la mets pas dans le dit sac quand tu rentres seule, bourrée, à pied et sans téléphone. Ne sois pas aussi stupide que moi.
- En parlant de téléphone, avoir de la batterie quand tu es en Y et seule dans la rue, c'est une bonne idée. Ne sois pas aussi stupide que moi bis.

Prenons ensuite un instant pour repenser à mon doux vélo, ses fleurs sur le guidon, ses étoiles sur les rayons et. Oh, mon fidèle ami, où es-tu passé ?
J'ai suivi le bus C1 en pédalant comme une perdue, seule comme un jour de vent, en pouffant et en chantant A2h. Je comptais les arrêts, attendant "Turmel" pour freiner (d'ailleurs, le vélo et l'alcool... Ne sois pas aussi stupide que moi ter). Mon seul GPS, c'est le réseau STAR. Je suis un bus du regard et pédale, mouette qui suit le chalutier.
Je l'ai attaché et.
Oh.
Tu es où, mon doux ?
J'aime croire que tu suis en tout secret les mecs de VSO, préférant les rues tièdes devant les arènes de Nîmes aux pavés glissants de ma rue.
(Il prend son café noir, sans rien, les gars. Il faut jouer sur le côté gauche du petit klaxon pour qu'il fonctionne et il n'aime pas quand on appuie trop fort sur les freins)

(Je mets ma playlist "Dance Party !", d'accord ? Je chante "Hit Sale" en faisant la voix de Roméo Evis, je m'entraîne pour son concert. Rigolez bien)

Ensuite, parlons de la gêne et de mes yeux baissés, ma voix un peu cassée que j'entendais comme à travers une brume londonienne.
Les doux VSO, je récupère des petits mots pour vous dire ce que j'aurais voulu murmurer hier soir, mon carnet à la main, me concentrant pour rester debout et droite. Je récupère même un peu de courage pour vous regarder dans les yeux. Ils sont beaux, hein, mes yeux ? Je les trouve trop grands et jamais à l'aise, mais. Ils sont encore bercés des mots écrits cette semaine-là, de tout l'amour que j'y ai mis pour vous.
Ce carnet, c'est quelques jours dans mon sac à pois, dans ma poche, le jour et la nuit, du thé, du café et des bières, le pub, un CHU, deux voitures, des sourires et deux ou trois larmes, des blagues et de la mélancolie, et tellement que même là, je n'ai pas les mots. Alors oui, "C'est trop mignon", comme dit Maxence. Et puis comme il dit, oui, sa voix dans mon oreille droite, "Tom-Tom".
Si je n'avais pas regardé ce sol et les couleurs étranges de cette salle, j'aurais regardé vos visages et les aurais gravé en moi. J'aurais gravé le visage de ceux qui m'ont donné des mots pour eux, mon clan ma bande. J'aurais gravé le visage de ceux à qui j'ai donné un fil de ma vie. Considérons que nous avons entre nous, comme un pacte de sang, ce carnet.
Si je n'avais pas été si gênée, mes mains bouleversant encore un peu les pages, j'aurais mieux choisi mes mots, j'aurais enregistré ce que je vous ai dit et j'aurais dit des choses sensées.

Si vous devez vous en débarrasser un jour, jetez-le à la mer.
Ou perdez-le.

Mais lisez-le.
Et dites-moi.
"Oui, tu as changé un truc".
"Tom-Tom".
"Tout va bien".
"C'est beau".
"C'est bon, on te tient".
Parce que la seule chose que je sais, c'est broder des mots.
Parce que la seule chose que je veux, c'est créer des tempêtes avec eux.
Alors sachez qu'un simple "putain, quelle claque", ce sera une course sans peur dans mes pages, un doute qui s'envole, l'assurance que je peux bouleverser des jours.

Voilà ce que j'aurais du dire, vite, voix et regard assuré.

Maintenant, peut importe qui lit ça, à cette seconde, mais.
Ma main dans la nuit.
Toujours.

(Je finis mon bol et je vais faire des choses adultes : réviser mon Lacrim pour vendredi soir, sauter le déjeuner et écrire dans mon nouveau carnet (Il y a Frida Kahlo dessus))

10 commentaires:

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    1. Le mot à appliquer sur mon jeudi, comme une pommade douce.

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  2. Fait un livre tu sais tellement bien parler (ou écrire) et ton histoire est émouvante

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    1. Je baisse les yeux, tout cet amour me bouleverse.

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  3. Tes mots m'ont sorti de la torpeur dans laquelle je me trouvais. Merci d'avoir égayer ma journée avec tes mots. Merci infiniment.

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    1. J'ai pleuré, devant la machine à café.

      Je quitte ce jeudi totalement éberluée.

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  4. J’ai envie de dire quelque chose, de t’écrire un message, mais tes mots ont volé les miens. Rien ne sort.

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    1. Quel beauté, ce petit message...

      Merci, merci, sans limite.

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  5. Une amie qui vous veut du bien8 mars 2018 à 23:43

    Je vais très clairement revenir vraiment souvent (tous les soirs c’est pas si grave, si?) sur ce blog lire tes textes (vos textes? J’ai la sensation de devoir un respect énorme à la personne que tu/vous es/êtes en raison de ces textes si bien écrits.) La musicalité de ce texte, comme tous les autres, son ambiance calme est un vrai remède anti-stress. Merci.

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    1. Je n'étais pas prête à tout cet amour.
      J'offre mon visage au ciel gris et me laisse bercer.

      Merci, avec toute ma force dans ces quelques lettres.
      Merci.

      Et à ce soir, alors :)

      (Avec un tu, le Mathilde, je rougis tant devant ton message)

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