mercredi 21 mars 2018

Avant le bruit des armes

C'est insensé.
La solitude face à cet instant, c'est insensé.

On a beau former une belle équipe, être les plus hargneux des hooligans du stade des Costières, je serai seule.
Dans cet instant.
Je serai seule.



Seule.



Il me manque les mots, pour vous écrire ce flottement.
Je vais les chercher, me rattraper à eux, à vous.
A une foule de bras levés, de mains tendues, de corps qui me rattrapent, d'étreintes que je rêve au pluriel, de mots qui consolent.
Je vais me rattraper.
Je vais essayer de faire de mon mieux.
Je vais faire de mon mieux.
Je n'ai pas le choix.

Je sens des espaces se glisser dans ce billet, buée du souffle que je perds.

Sans les beaux mots, ce sont mes soupirs dans le canapé, la peur, la peur, la peur.
Le découragement face à un combat déjà perdu.
Les ombres qui m'engloutissent.
Ma course contre le temps.
Mon demi-tour.

Espérer plus grand, plus fort, encore, encore, encore.
Espérez avec moi.

Je n'ai pas souvent ce sentiment d'injustice, cette solitude chevillée aux espoirs.
Je me suis déjà sentie abandonnée, évidemment.
Je me suis déjà abandonnée, malheureusement.
Mais là, c'est entre moi et.
Entre moi et.

Du coup, je doute.
Je doute de la force de mon courage, celui encore tapi dans mes entrailles.
Comme avant une course, j'ai besoin des encouragements.
Comme après une course un peu ratée, j'aurai besoin d'un lot de consolation. Vous préparez le panier garni ?
Je doute et se dessine sous mon front tourmenté l'instant.
Le regard entre moi et.

Le regard.
Entre moi et.
Et.

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